Une entreprise évolue constamment dans un contexte incertain. Si des évènements positifs surviennent, d’autres plus néfastes risquent de la fragiliser. 

Cependant, le dirigeant n’a pas toujours conscience des risques. Or, il est essentiel de savoir identifier les difficultés rencontrées par son entreprise pour agir vite, anticiper, prendre les bonnes décisions, et ainsi éviter l’étape fatale de la liquidation judiciaire !

Mais quels sont les indicateurs à surveiller pour anticiper une situation critique ? Quand le dirigeant doit-il signaler une crise ? Comment éviter la faillite ?

Une entreprise est en difficulté lorsqu’elle présente un (ou 2) des symptômes suivants :

Une baisse significative du chiffre d’affaire

De nombreux facteurs viennent perturber les ventes : l’arrivée d’un nouveau concurrent, une évolution des habitudes de ses clients, une augmentation du prix d’achat des matières premières, une nouvelle technologie, etc. Risques plus rare mais qui entraînent des conséquences graves, une catastrophe naturelle ou une pandémie tel que le #Covid-19.

Peu importe la cause, si le chiffre d’affaire rencontre une baisse significative par rapport à la période de l’année précédente, sur une durée qui s’étend sur plusieurs mois (3 à 9 mois selon la taille de l’entreprise), il faut agir !

Un résultat net négatif 

Indicateur financier phare, le résultat net mesure la richesse créée par l’entreprise. 

  • Résultat net positif : l’entreprise a réalisé des bénéfices qui seront reversés aux actionnaires sous forme de dividendes, et/ou mis en réserve. Cet argent peut également être “reporté” (on parle de report à nouveau), pour anticiper des pertes futures. 
  • Résultat net négatif : l’entreprise a dépensé plus d’argent qu’elle n’en a récolté. Alors, il faut veiller à ce que les “capitaux propres de la société ne deviennent pas inférieur à la moitié du capital social” (article L223-42 du Code de Commerce). Si c’est le cas, une Assemblée Générale devra être convoquée pour discuter de la dissolution éventuelle de la société. La décision sera publiée au Journal d’annonces légales, ce qui risque de ternir l’image de la société. En cas de non-respect de la procédure, le représentant légal s’expose à des sanctions.

Le résultat net doit être surveillé de près. Il est préférable d’anticiper et d’être rapidement accompagné par son avocat en cas de résultat déficitaire, pour éviter une baisse trop importante de ses capitaux propres.

Une forte augmentation du BFR (besoins en fond de roulement)

Une hausse du BFR peut être dû à une croissance trop rapide, qui paradoxalement peut conduire à la faillite si elle est mal contrôlée. En effet, une demande en forte hausse implique de mobiliser de la trésorerie car : 

  • les créances clients augmentent significativement : les nouveaux clients règlent leur commande avec un délai plus ou moins long.
  • il faut augmenter sa production, donc acheter et stocker davantage de matières premières.

Pour faire face à ce besoin de trésorerie, il faut a minima :

→ être payé par ses créanciers : L’entreprise doit veiller à éviter les clients mauvais payeurs. C’est pourquoi, il est important d’avoir un bon suivi de ses clients, les relancer si nécessaire, et identifier en amont les insatisfactions pour améliorer son service. Si une société rencontre un flux de retours négatifs de la part des clients, c’est peut-être que le service est de moins bonne qualité car l’entreprise fait déjà face à une trop forte augmentation de la demande. 

→ allonger les délais de paiement fournisseurs : Les délais de règlement des fournisseurs sont encadrés par la loi (30 jours en BtoB), mais peuvent faire l’objet d’une négociation entre les parties, tout en respectant le cadre légal (60 jours calendaires ou 45 jours fin de mois à compter de l’émission de la facture). Un avocat peut vous accompagner dans cette négociation, qui vous permettra de rembourser vos dettes. C’est un point majeur qui peut éviter la cessation de paiements !

Lorsque les besoins en fond de roulement deviennent insurmontables, il faut réduire le train de vie de l’entreprise. Si vous êtes dans cette situation, n’attendez plus pour contacter un avocat afin d’évaluer ensemble la gravité de la situation, et être accompagné dans la mise en place de mesures adaptées.

Un retard des paiements (impôts, salaires, dettes)

Vous éprouvez des difficultés à payer dans les temps votre taxe sur la valeur ajoutée (TVA) ? Vos cotisations sociales ? Vous craignez de ne plus pouvoir payer vos salariés dans les prochains mois ?

Votre entreprise est peut-être en situation de cessation de paiements. Le dirigeant a alors 45 jours à compter de la date de cessation de paiement pour réaliser sa DCP (Déclaration de Cessation des Paiements). S’il ne respecte pas cette condition, il encourt des sanctions graves à titre personnel (notamment l’impossibilité d’exercer, ). 

A noter que ce délai a été supprimé pour la période d’état d’urgence sanitaire liée au Covid-19, et ce jusqu’au 20/10/2021.

Pourquoi devrais-je contacter un avocat ? 

Les procédures à respecter pour les entreprises en difficulté sont complexes, et les délais relativement courts ! En pleine crise, un dirigeant a de nombreuses problématiques à gérer en peu de temps… L’avocat a pour rôle de l’accompagner dans la lourdeur administrative, et ainsi éviter toute erreur qui aggraverait la situation. Les procédures à enclencher dépendent du stade de difficultés. Plus elles sont pris en charge tôt, plus l’entreprise a de chances d’être sauvée !